Il y a quatre ans jour pour jour (ou presque) que la droite a fait main basse sur tous les leviers de contrôle possibles du pays. Lionel Jospin, alors premier Ministre et candidat malheureux au poste juste au dessus, claque la porte au lieu de faire campagne et sauver quelques sièges, et laisse le champ libre à Raffarin pour organiser les élections législatives qui vont guérir Chirac de sa chambre rose.
Après un premier tour catastrophique pour la gauche, le second tour est presque un soulagement, la casse est un peu limitée, quelques sièges importants sont sauvés. C'est de ce soir de second tour que date cette vidéo.
À l'époque, je faisais partie des troupes actives du MJS, le bras armé du PS, ou en tout cas le bras qui collait les affiches la nuit et faisait la claque le jour lors des meetings de campagne. Le soir du scrutin, nous nous sommes tous retrouvés rue de Solferino, à grignoter sans conviction les petits fours du buffet des militants, et finir les cubis de rosé. Les caméras se repaissent des mines déconfites, et personne ne veux parler à TF1, sarkozistes avant l'heure, évidemment en partie responsable de la débacle. Dans un coin nous nous concertons, certains que si quelqu'un les mouche un peu ça nous fera du bien et ils nous laisseront porter le deuil du pouvoir en paix.
"C'est sûr qu'avec la campagne que TF1 a mené durant ces derniers mois la gauche n'a eu aucune chance, le débat a été porté sur le terrain de l'insécurité pour servir l'élection à la droite sur un plateau d'argent. Après un premier tour comme celui que nous venons de vivre, on ne pouvait pas s'attendre à beaucoup mieux, je pense que n'est pas aussi catastrophique qu'on pouvais le craindre. Maintenant que nous sommes de nouveau dans l'opposition, le combat continue."
C'était compter sans les doigts magiques qui manient les ciseaux dans la salle de montage.
Épisode 132, 1:45, 4.1 Mo
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