mercredi 29 juin 2005

11:52 : Des photos, enfin

Ça fait un bon mois que mon appareil photo est mort, et je commençais à être vraiment frustré de ne pas pouvoir fixer les images que je voulais, notamment les derniers instants à Cork, mon périple aérien, et mon arrivée ici...

Et finalement Karen me sauve, et s'est fait offrir, pour son anniversaire imminent, l'appareil photo que je ne pouvais pas m'acheter... Le Canon PowerShot A95, il est assez rapide, un peu lourd, mais une très belle image, et un écran LCD pivotant comme je voulais.

lundi 27 juin 2005

08:55 : Son retard

Elle m'explique son retard : elle a voulu passer aux toilettes avant de me voir, et en se lavant, puis s'essuyant les mains, elle a fait tomber sa bague dans la poubelle. Elle a dû appeler à l'aide pour la faire ouvrir, fouiller dedans, se relaver les mains...
"Joli, on me l'avait jamais faite celle-ci !"

Nous allons prendre le petit déjeûner dans Melbourne. Koko Black est un chocolatier dans une petite arcade come on en trouve dans le centre de Paris. Il semble que Melbourne soit plus ancienne que je ne le pensais. Même si la ville est flambant neuve, de verre et d'acier, on trouve aussi des bâtiment qui ont plus de deux siècles, et des arcades avec de jolies verrières, avec des petits magasins de magie, aux sens propres et figurés.

Nous sommes les seuls dans le chocolatier, à l'étage. Nous choisissons le même canapé. Nous discutons de choses et d'autres, évitons tout sujet trop personnel, et puis à quel point il est étrange de se voir en vrai... Et de se toucher les mains... Et de s'embrasser...
Une partie de moi avait peur d'embrasser cette étrangère, l'autre partie mourrait d'envie de serrer dans mes bras cette femme qui m'a aidé, écouté, supporté à travers de drôles d'épreuves. La première partie, celle qui avait peur que ce soit bizarre, s'est tue quand je me suis rendu compte à quel point ça semblait... naturel.

Elle est timide, elle est douce, elle est drôle, elle pose des questions étranges ("Qu'est-ce que je peux faire pour t'ennerver ?"), elle a des yeux bleux avec des paillettes de caramel. Il se pourrait que je me plaise ici.

EDIT: suite de ce post.

08:50 : Melbourne, une heure tout seul

Trente minutes d'avance, c'est une bonne chose, parce que j'avais dit 7 heures du matin à Karen, et que si on compte les bagages et la douane, elle pourrait avoir à m'attendre très longtemps...

Descente de l'avion. La clim est peut-être déréglée, ou alors c'est pour acclimater les arrivants tropicaux, mais la chaleur dans le tunnel est insupportable, un peu comme celle de Langkawi, sans la beauté du paysage. Puis en arrivant à la douane, le climat redevient tempéré.

Le filtrage est impressionnant. Á chaque petit guichet, les passagers remettent le petit papier qu'on nous a demandé de remplir dans l'avion. Le papier est beaucoup moins idiot que le modèle américain (vous savez, "avez-vous fait vos bagages vous même ?", "venez vous aux USA pour des activités terroristes ?"), il demande juste ce que vous venez faire, si vous avez visité des fermes avant de venir, et combien de temps vous voulez rester, ce genre de chose.
Je donne mon papier, je demande à ce qu'on m'indique où je dois me faire tamponner le passeport pour valider mon Working Holiday visa. On me fait patienter à part, et on me donne un petit papier avec deux adresses ou je peux me rendre, une à Melbourne et l'autre à Dandenong (la banlieue, apprends-je plus tard).

Je passe à travers le dernier Duty Free, sans rien acheter pour ne pas me charger, et j'arrive aux tapis roulants où je récupère ma valise. On nous demande de rester immobile un peu ici pour que les chien viennent nous renifler. On sent la peur au ventre de ceux qui se sont chargés au Duty Free, ceux à l'haleine suspecte, ceux qui viennent avec de fromage, ou pire.

Puis ils vérifient le petit papier, de nouveau, pour nous mettre dans différentes queues, puis au bout de la queue ils passent les bagages (à main ET valise) aux rayons X, et ils prennent le petit papier.

Et j'arrive à la porte de l'aéroport, tout prêt à être embarqué par Karen, à l'heure où mon avion aurait dû atterrir... Mais elle vient de partir de chez elle, donc je dois attendre bien une heure. J'en profite pour changer mon argent (je n'ai toujours pas compris si le $ australien vaut plus ou moins que l'euro).

Je ne peux pas vraiment lire, encore moins sortir l'ordinateur pour regarder un truc, je suis trop tendu. Je fais les cent pas avec mon chariot. Je change plusieurs fois de siège, je laisse un message sur son répondeur.
"Je peux t'appeler, c'est que je suis en Australie... Si tu veux passer à l'aéroport, je t'y accueillerais avec plaisir."

Je sors. Je suis devant l'aéroport. Il n'est pas 7h. Le ciel est rose, passe doucement au bleu clair d'un matin froid. Je suis en chemise, une chemise indienne que ma mère m'a offerte pour mon anniversaire. Elle est bien fine, mais j'accepte la morsure de l'air vif avec plaisir, l'avion a engourdi tous mes sens. Le soleil se lève doucement sur l'hôtel Hilton, relié à l'aéroport par une passerelle. La lumière sculpte une réalité étrange dans l'architecture en face de moi.
"Je suis en Australie"
Ça ne sonne pas encore réel.
"Sur la carte, j'étais là, et maintenant je suis là."
Je me souviens que ce processus m'a pris quelques semaines, quand j'ai déménagé en Irlande. Je ne m'attends pas à moins.

Et puis elle arrive. Elle ressemble à ses photos. Un manteau noir, une écharpe rose, et un petit sourire. J'avais peur d'avoir à lutter pour la reconnaître, mais non, c'est elle, et il semble que ce soit moi, dans ces yeux bleus. Une accolade furtive, et elle m'explique son retard.

EDIT: la suite ici.

samedi 18 juin 2005

14:58 : Kuala Lumpur - Melbourne

Les 6 heures de vols me permettent de dormir 2 ou 3 heures, malgré de violentes turbulences. Je savais que regarder Lost n'était pas une bonne idée : je garde ma ceinture attachée même en m'allongeant sur mes sièges (nous avons changé d'avion, il est plus petit, mais j'ai toujours les mêmes places). Nous partons avec 15 minutes de retard, et arrivons avec 30 minutes d'avance.

14:36 : Kuala Lumpur

Un terminal brillant, tout d'acier, de marbre et de verre. Partout des vendeurs de parfums qui cherchent à m'asperger, toutes dents dehors. Je pensais profiter du duty free pour acheter un appareil photo numérique, mais les prix sont les mêmes que partout; de plus ils n'ont pas le PowerShot A95 que je voulais. Bizarrement ils ont encore le CoolPix 3500, que mon père a acheté il y a deux ans maintenant.

Je me pose dans un pub au premier étage, et je constate qu'une connection sans-fil est gratuite pas loin. J'en profite pour prendre mes mails, discuter avec Fanci sur MSN. Mais iChat ne se connecte pas, et je ne peux pas envoyer de mails. C'est apparemment une dial-up. Je prends une pinte locale pour passer le temps. J'envoie plein de SMS, sans être sûr qu'ils arrivent tous : les accusés de réception ne fonctionne pas ici, et personne ne me répond à part Elle.

Je trouve une prise de courant non loin de la porte oùsera l'embarquement, et je continue de regarder Lost. Je préfère être isolé, je trouve complètement de mauvais goût de regarder cette série dans un terminal, ou pire dans l'avion... mais je ne peut pas m'en empécher. Je suis déjà au 4è épisode depuis mon départ de Cork.

14:24 : Langkawi - Kuala Lumpur

Langkawi est une île de l'Océan Indien, où l'avion s'arrête pour prendre des autochtnones, essentiellement, pour les emmener à Kuala Lumpur. L'escale dure environ une heure; j'ai le choix de rester dans l'avion ou descendre. Après des hésitations à laisser mon sac à dos sans surveilance je décide de me dégourdir les jambes.

Sur les marches de l'escalier (pas de terminal ici, c'est un petit aéroport) j'ai l'impression que quelque chose est dérèglé dans mon corps, comme si je venais de plonger dans un bain d'eau chaude. Après une seconde de réflexion c'est la température normale. C'est impressionnant, une température qui fait oublier les limites de son corps, où s'arrête la sueur et où commence l'humidité ambiante.
Pas grand chose à voir, juste un apperçu de la forêt en bordure de piste. Nous n'avons pas le droit de quitter le terminal, par manque de visa.

Le personnel de bord a été remplacé. Il n'y a maintenant plus que des hommes pour nous apporter les repas. Ils sont eux aussi aux petits soins, très souriants, certains particulièrement mignons.

14:20 : Londres - Langkawi

Le vol fut sans encombres; J'ai eu la place promise, avec une place vide en prime pour m'étaler. La troisième place a été rapidement occupée par une Anglaise qui partait seule en vacance à Kuala Lumpur, et dont la place initiale, entre deux enfants, n'était pas idéale.
J'en ai profité pour voir le film Be Cool, et enfin dormir un peu...

13:44 : Et finalement j'ai pu partir

Maria, du comptoir de Malaysian Airlines, a été exemplaire, souriante tout le temps, passant coups de fil sur coups de fil pour trouver mon agent, lui faire transférer mon billet à Malaysian à Dublin, qui le passerait à Londres, etc.
Sonia, de l'agence SAY-IT de Cork, a été exécrable, refusant d'admettre leur erreur, me forçant finalement à écheter un autre billet, en promettant que le mien serait remboursé sous 5 à 6 semaines.
Mais finelement je l'ai fait, et après avoir attendu quelques heures que SAYIT transmette l'info à Malaysian, j'ai pu prendre le vol avec 24 heures de retard...
Maria, pour compenser, me donne la place que je veux (une fenêtre, et la vue pas bloquée par une aile), et en prime me promet que je n'aurais pas de voisin sur deux places, et sur trois si possible, pour me laisser dormir...

J'enregistre mes bagages restants (une valise, et mon parapluie), et la personne au comptoir ne trouve pas mon visa, qui est électronique, et est sensé être dans les registres de l'immigration australienne... Mais il ne tapait pas tous mes prénoms: il finit par me rassurer, après deux minutes de terreur ultime.

mercredi 15 juin 2005

11:02 : Tout ne se passe pas comme prévu

Ooooooo putain loin de là, même.
(avec un O comme oh lala qu'est ce que tu es loin)
Alors en fait ça a commencé à l'aéroport de Cork où "on" décide de me demander 250 euros pour mes bagages (deux valises et un sac, pas méchant mais trop), en me prévenant que ce sera probablement 10 fois plus au départ de Londres... Et oui, 2500 euros pour charger mes 50 kilos de bagage.
J'arrive à Londres. Je suis stressé parce que je n'ai que 1h30 pour la correspondance entre Terminal 1 et 3. Bon au moins c'est pas un pauvre bus comme à Roissy, c'est des jolis couloirs roulants.
Mon trolley fait des siennes pas c'est habituel, ça.

"Oui monsieur, je vois votre nom est réservé que l'avion mais vous ne pouvez pas y monter sans billet"
"Ben je viens de Cork et ils ont pas fait tant d'histoires..."

Bon, j'en ai profité pour trouver une société qui transite mas bagages moins cher (650 euros) et qui les livre directement à mon chez moi en Australie. C'est déjà ça.
Voilà, l'agence de voyage, à Cork a bien réservé mes vols. Et ils ont édité le billet. Et ils l'ont gardé, ils m'ont jamais appelé, et l'aéroport de Cork a fait comme si c'était normal et ils m'ont laissé partir. Et du coup ici, le personnel de Malaysia Airlines fait tout pour mettre la main sur ce billet, pour pouvoir m'en faire une copie. Parce que mon passeport suffit pas, ni la promesse écrite signée hier de pas utiliser ce billet perdu...
Tout ça c'était hier soir. Je devais m'envoler à 7pm, et ça s'est pas fait. On m'a fait miroiter un vol à midi, mais ce sera pas possible même s'ils mettent la main sur mon billet; je n'ai accès qu'aux vols de 7pm. Admettons. Donc ce soir 7pm.
Et si c'est pas ce soir 7pm, le prochain vol est samedi. Je suis pas prêt, mentalement, à jouer à Tom Hanks ici, dans ce terminal où tout est atrocement cher, genre le big mac à £4.

C'est décousu tout ça, mais j'ai dormi que quelques heures sur les fauteuils en face de Starbucks, avec le pull d'une américaine de Washington en guise d'oreiller, en train de manger les chips de deux gars d'Arizona...
La suite au prochain numéro.