lundi 31 mars 2003

Erratum

Ah, mon lien vers les Inrocks ne fonctionne pas pour cause de maintenance de leur site. Les grincheux diront que c'est leur faire beaucoup de pub que de reposter pour ça, et ils auront raison.

"I rest my case."

Ça fait plusieurs jours que j'ai l'expression en tête, à cause de plusieurs comiques américains, au premier rang desquels un épisode du dessin animé tiré du film Clerks, de Kevin Smith, au cour duquel Randal défend Dante dans un procès où un client attaque Dante pour un accident provoqué par Randal, et où ce dernier appelle à la barre, on ne sait trop pourquoi Woody Allen, Steven Spielberg, et Georges Lucas, entre autres, pour leur faire avouer (sous serment) que leurs dernières productions sont très mauvaises, et se faire rembourser le prix de ses séances de cinéma...
"I rest my case."
J'aime bien la sonorité, les scènes que ça m'évoque, le principe de démonstration (je suis le roi de la mauvaise foi argumentée), le fait de n'avoir pas l'air pédant de "CQFD" (ni la référence à la compil de débutants des Inrocks), mais je ne peux pas utiliser ce genre d'expression sans avoir à expliquer 1. ce que ça veut dire 2. d'où ça vient 3. pourquoi je ne parle pas en français comme tout le monde 4. que je ne me transforme pas en Jean-Claude Van Damme, il n'y a qu'à voir la taille de mes bras, et puis je ne casse pas de noisette entre mes fesses, moi.
I rest my case.

Mat en trois coups

Si je poste à cette petite heure de la matinée, c'est que la fille aux gants est partie à son travail vers quatre heures et demi, et que lorsque j'ai voulu lui envoyer un SMS de "bon courage", j'ai entendu une sonnerie inimitable retentir dans la pénombre de mon appartement... Du coup - il était déjà cinq heures, quand je ne suis pas réveillé mon ralenti est très, euh, lent - je suis passé par le standard pour la prévenir qu'elle n'avait pas perdu son portable.
Nous sommes restés un peu au téléphone, parler de tout et de rien, de son boulot, du fait qu'elle a utilisé le mot "amour" trois fois en deux jours dans des conversations à moitié anodines (mais la bonne moitié).
En fait, lorsque nous avons partagé la barquette de frites (voir ci-dessous le 28), j'avais souligné que "notre union est placée sous le signe du cholestérol" - il est des mots que j'utilise et d'autres que j'évite. Hier à ma descente de train, elle m'a emmené dans un restaurant japonais qu'elle aime beaucoup et qui ne sert pas de poisson cru. Alors que je pensais que c'était le seul intérêt de ce genre d'endroits, il s'est trouvé que les bols énormes qu'ils garnissent d'ingrédients variés, calamars, légumes, champignons, gingembre, et caetera, sont excellents, je reviendrai. Toujours est-il qu'elle a repris le commentaire diétético-astrologique, en remplaçant "union" par, donc, "amour". Je l'ai noté consciencieusement, aux côtés des "préparé/nettoyé avec amour" que j'avais déjà entendus, et j'ai consciencieusement évité de relever le trait. Mais mon esprit tordu s'est laissé pousser des ailes en silence... Je voulais le bloguer, puis lui en parler, mais ce matin, alors qu'elle soulignait que le grec d'hier soir a été fatal à son idée de revenir rapidement à son poids idéal, elle a répété de nouveau (je peux dire, "répété de nouveau", quand c'est la troisième itération ?), cette fois-ci en substituant "idylle" au mot qui m'avait tant plu hier.
""Idylle" ?
- Non, tu as raison, idylle voudrait dire qu'il y a forcément une fin."
Je vais retourner m'endormir, un sourire aux lèvres, échec et mat à force de bonheurs simples, avec en tête un horizon sans nuages malgré ma situation professionnelle.

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Retrouvailles

Retour très intense, malgré la courte séparation, à tel point qu'elle me fait la réflexion, après coup, d'une certaine gêne sur un aspect purement charnel de nos retrouvailles... qui ne lui a tout de même pas déplu.
Concert de Coldplay très fort, ils sont toujours très bons sur scène, mais je dois avouer que comme c'est la troisième fois que je les vois depuis cet été, il s'installe une certaine habitude - ce qui ne se produit pas, par exemple, avec un groupe islandais dont le nom commence par Sigur et dont on m'indique à l'oreillette que je parle trop.

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samedi 29 mars 2003

Punch

La charge en rhum du punch concocté par mon père m'interdit de poster trop longtemps ce soir, je fête son anniversaire en Normandie loin de la fille aux gants et de mon chat. Je reviens demain, pour me préparer au concert de Coldplay; ils ont intérêt à être bon, après les concerts précédents à l'Olympia et au Zénith, on attend beaucoup d'eux... Je vous les conseille (après Sigur Rós et Venus, je promets que je ne matraquerai pas).
Pas assez dormi, pas assez mangé, déjà trop bu après un punch, elle me manque et je retourne à mes cacahuettes.

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vendredi 28 mars 2003

Trans

L'appartement visité, où j'ai d'ailleurs emmené la fille aux gants ce midi, est très beau. Deux pièces blanches, parquet, trois fenêtres sur cour, cuisine à part, toilettes à part, baignoire, chauffage collectif, troisième étage, tout refait, etc. Passe encore qu'on apprenne que le loyer est de 630 et non 600 comme précisé dans l'annonce, mais les charges sont de 70 euros et le total est bien trop élevé pour la bourse de ma compagne.
L'attraction supplémentaire vient du (de la ?) propriétaire, une baraque d'un mètre quatre-vingt cinq (ça parait plus haut en toutes lettres, non ?), qui a à la fois des seins, de la moustache, des talons, un cigare, une jupe, une perruque et une voix de fausset... Il serait mal venu de ma part, moi qui assiste occasionnellement au conseil de l'Inter LGBT (dont le T lutte pour les droits de Madame le propriétaire), de me livrer à de la transphobie, mais était-ce une raison pour me tancer ainsi, parce que j'ai fait déplacer mademoiselle pour rien, si j'avais bien lu l'annonce j'aurais su que c'était cher ?
Premièrement, trav ou trans ? nous n'en saurons jamais rien.
Ensuite, cette visite a fourni un alibi parfait à la fille aux gants, qui a pu manger une barquette de frites avec moi ce midi, me faire lire sa production quotidienne en vue du blog qu'il faut que je pense à lui construire...

Elle revient sur notre discussion d'hier mieux que je ne le ferais, parce que je n'ai pas vraiment envie d'en parler; toujours cette peur que j'ai de m'investir avec quelqu'un que ne le veut pas vraiment; moi qui m'attache trop aux mots, elle qui n'arrive pas à les prononcer, mais apparemment pas à les ressentir non plus. Je lui corrige une citation, de moi, essaie de penser à autre chose. Et puis elle repart vers son stage - passionnant - de compression numérique.

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jeudi 27 mars 2003

Inspire

Allez, on se motive. Ça va un peu mieux : une douche, et je vais visiter un appartement pour la fille aux gants, qui n'en sait encore rien. Et puis travailler, une fois revenu. Peut-être.

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mercredi 26 mars 2003

Deux plumes

Hier soir, Tribute à Jeff Buckley à la House of Live, ex-Chesterfield Café. Pas terrible... Aujourd'hui, fièvre et mal à la gorge. Je reste sous la couette, accueille la photographe vue hier matin enveloppé dans un plaid. Pour résumer, elle va faire un sujet sur des gens qui se sente bien dans leur corps, si j'ai bien tout compris.
Je commence la conception d'un blog pour la fille aux gants. Même si j'aurais bien aimé que nous postions à deux ici (genre Bougres), elle a besoin d'un espace à elle, à défaut d'un appartement, au moins pour l'instant.
Je suis aussi en train de réfléchir à faire un moteur de blog plus intéressant, qu'on pourra partager, sur vrai hébergement, un vrai nom de domaine, etc.

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lundi 24 mars 2003

La fille e(s)t Venus

Viiite que je poste avant la ligne limite de changement de date (minuit, en clair).

La fille aux gants (qui est allongée sur moi à l'heure où j'écris ces lignes) a mis sur le papier quelques brouillons de posts pour ici ou un éventuel blog à son nom, et me les a soumis. Je les ai bizarrement mal interprêtés, tous les trois; en ayant peur d'y trouver des choses négatives, j'y ai lu manque de l'ex, critiques, et amour impossible. Il m'a fallu reprendre mes esprits pour en secouer les pellicules de paranoïa, et y lire, dans le bon sens, la page tournée, mes bons côtés, et les vertus de la patience...

Cet après-midi, j'ai interviewé le chanteur et le nouveau batteur du groupe Venus. Je ne saurais que trop vous conseiller l'écoute de leur dernier album, Vertigone, mais aussi de leur premier, Welcome to the modern dancehall, et de l'exceptionnel live sorti entre les deux, The man who was already dead. Vous pouvez visiter l'excellent site de Manur sur Venus, Out of breath (et si tu me lis, merci pour tes questions).

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dimanche 23 mars 2003

Y'a une fille qu'habite chez moi

La fille aux gants est partie récupérer quelques trucs chez son ex, j'en profite pour ranger un peu, tâches ménagères auxquelles je ne suis pas habitué, tout ça.
La chanson du jour, c'est évidemment Benabar qui nous l'apporte, Y'a une fille qu'habite chez moi .

Plusieurs indices m'ont mis la puce à l'oreille, j'ouvre l'oeil J'vais faire une enquête pour en avoir le coeur net, ca m'inquiète Ya des détails qui trompent pas Les draps la couette, et la taie d'oreiller sont plus dépareillés A coté de mes fringues en boule ya des vetements pliés et repassés Ya des détails qui trompent pas, j'crois qu'ya une fille qui habite chez moi Deux brosses à dent, dans la salle de bain Du savon sans savon, et l'sèche cheveux c'est certainement pas le mien Les p'tites boules bizarres, pour parfumer la baignoire C'est un vrai cauchemar, quelqu'un a massacré tous mes amis cafards Dans la cuisine, des sachets de thé de verveine, de camomille, Un message sur le répondeur d'une mère qui n'est pas la mienne V'la qu'elle s'en prend à ma famille Ya des détails qui trompent pas Quelqu'un en traitre a fait la vaisselle Où sont mes habitudes, mon ménage trimestriel J'ouvre le frigo horreur, mais c'est de la folie Ya plein de légumes, ha! ya même des fruits Ya des détails qui trompent pas, j'crois qu'ya une fille qui habite chez moi Où sont mes potes, qui glandaient d'vant la télé Des boîtes de pizza, des paquets de chips eventrés Les mégots de cigarette, écrasés dans les assiettes Ma collection de new-look aux oubliettes zzzzzzzzzzz'oubliettes Dans la table de nuit ya plus de capote mais dl'aspirine Ya une fille qui habite chez moi Ya aussi des bougies contre l'odeur de la nicotine Ya une fille qui habite chez moi Ya des détails qui trompent pas Y'a des détails qui trompent pas Y'a un vrai rideau y'a plus de drap cloué sur la fenêtre ! Qu'est-ce que c'est que ça mon Dieu c'est une plante verte ! L'aspirateur est encore chaud C'est trop je porte plainte! Je vais l'emmener au labo pour vérifier les empreintes On dirait que j'suis plus célibataire La coupable je la tiens Elle est devant moi l'étau se resserre Accrochée au téléphone assise en tailleur Dans une jolie robe à fleurs

Tout n'est pas vrai, c'est elle qui fume, et c'est toujours un tissu qui est cloué sur les Velux, mais ça s'est fait sans qu'on s'en rende compte, au fur et à mesure qu'on emportait des affaires de chez elle pour les répartir chez son amie et dans les points de chute de connaissances, c'est chez moi que la majorité du volume est arrivé... sans coup férir.

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samedi 22 mars 2003

Fleur bleue

Le contenu de ce blog est en train de justifier la fleur bleue qui l'orne - il faudra d'ailleurs que je vous parle un jour de la raison du nom du lieu. J'écris au soleil sur notre grand lit (2 mètres sur 2), elle est sous la douche, et nous venons de nous lever. Amour, musique, céréales et Coca light.
(*.*) soupir et étoiles dans les yeux

J'ai deux Velux gigantesques au dessus de moi, et quand je regarde dans ses yeux leur reflet reproduit exactement les deux taches lumineuses et carrées qu'on voit dans les yeux des personnages de Manga quand ils sont heureux.

vendredi 21 mars 2003

En fait j'étais pile à 17 heures à l'aéroport, voire un chouia en avance, mais c'est son avion qui a eu cinq minutes de retard... juste le temps pour moi de faire deux allers-retours entre le panneau des arrivées (situé au niveau 0, où se font normalement toutes les arrivées) et son arrivée 35, dans le hall 3, évidemment au premier étage. Elle est moins gonflée après son opération des dents de sagesse qu'elle veut bien l'admettre, et elle a peur que les gens pensent que je l'ai frappée, à cause des bleus/jaunes sur ses maxillaires... Un gringalet comme moi. Nous nous dévrorons des yeux, récupérons ses bagages, continuons à nous embrasser jusqu'à l'Orlybus, que nous attrapons in extremis grâce à une furie d'un mètre cinquante qui se dispute avec le chauffeur. Les mots sont vains lorsqu'on se regarde comme ça, le sourire béat qu'elle affiche fait mal à ses joues endolories, le mien m'enkylose les pommettes. Ce fut trop long ces dix jours. Arrivés chez moi, nous prenons un peu de temps pour déballer ses affaires et échanger nos cadeaux (d'elle, deux bols en émail avec une vache dessus, de moi une paire de chaussette avec les orteils séparés (pour qu'elle porte des gants aux pieds aussi) avec une vache dessus. Nous ne nous étions pas concerté pour la vache et cela nous émeut), faire connaissance avec le chat, avant de nous arracher nos vêtements pour rattraper le temps perdu. Nous n'émergeons que vers 22 heures, pour manger sommairement, partager des glaces et changer de musique... et puis recommencer jusqu'à minuit, puis deux heures de matin... Vers trois heures alors que je suis exténué elle ne peut pas dormir, se lève, lit un peu, revient contre moi. Nous nous réveillons vers 8 heures, nous étreignons naturellement, nous douchons, et partons visiter le studio, qui est au 50 alors que j'habite 48... 20 mètres carrés, extrèmement lumineux (trois fenêtres qui donnent sur MA rue), entièrement remis à neuf, au troisième étage, avec placards, frigo, plaques, etc. Il me plairait vraiment qu'elle le décroche. Elle hallucine d'avoir envie de prendre le premier qu'elle visite. Et puis je pars au bureau, quand même.

jeudi 20 mars 2003

"Ça a été dur, de ne pas te voir longtemps après la semaine qu'on a eu, après LA nuit qu'on a passé ensemble... - Je sais. J'ai eu beaucoup de changements ces temps-ci, c'est déroutant. J'habitais avec Nicolas, puis ici avec toi, puis ici tout seul..." Je m'occupe de sa recherche d'appartement, pendant qu'elle feuillette le PAP loin d'ici. Vendredi matin nous visitons un studio en face de chez moi, ou quasiment. J'aimerais vraiment que ça fonctionne, cette situation me plairait vraiment. Elle, chez elle, moi, chez moi, mais à deux pas l'un de l'autre... Je suis pratiquement convaincu qu'il vaut mieux ça qu'habiter ensemble, surtout si vite. Je dis pratiquement, parce qu'un partie de moi a une intense envie de fusionner, fusionner vraiment, mais est-ce vraiment bon pour un couple ? L'expérience m'incite à répondre par la négative, et à ne pas proposer plus que de raison... des choses qui ne seraient même sûrement refusées poliment et avec gène... Je sais que je me pose trop de questions, que je pense trop et trop vite et trop loin, mais à moins de travailler directement sur mon cortex à la petite cuillère (Hannibal Staïle), je pense (encore !) qu'on ne me changera plus, pas là-dessus...

Trac

Hier soir au téléphone.
"Et si ça se passait mal demain ?
- Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?
- Je ne sais pas, j'ai peur d'être maladroite, de dire un mot de travers... Ou un geste de travers, au lit. Ça va faire bizarre de te revoir après tout ce temps.
- Rien ne pourra mal se passer. Laisse moi te raconter la scène. Deux possibilités. J'arrive en avance à Orly, au bout de 45 secondes de retard je commencerai à m'inquiéter, à me monter la tête, je penserai qu'il t'es arrivé quelque chose, ou que tu m'as évité parce que tu ne veux plus me voir-
- Oh non !-
- Attends ! Et là je te vois, et avant que tu saches ce qui t'arrive je t'aurai sauté dessus et couverte de baisers. Le deuxième scénario, c'est le plus probable, si moi j'arrive en retard. Tu descends de l'avion chargée, tu ne me vois pas, et tu commences à te faire les même films, tu crois que je ne suis pas venu. Et puis j'arrive, et je te saute dessus.
- Avec l'état de mes dents je ne vais pas pouvoir beaucoup t'embrasser.
- Qui t'a dit que tu devrais faire quelque chose ? Je t'embrasserai pour nous deux."

Déjeûner impromptu avec mennuie, qui s'ennuie à son boulot avec une force... Prend de longues pauses mais s'interdit de rentrer trop tard, souhaite se faire licencier mais n'ose pas demander, etc. Mon reste de bonne conscience professionnelle s'est envolée hier (où je suis arrivé à Boulogne vers 12h30, pile pour manger). Une collègue me raconte que mon patron lui demande où je suis. "Je ne sais, il ne m'a pas dit. Appelle-le, si tu veux vraiment savoir. - Oh non tu sais, je veux pas le faire chier, il fait ce qu'il veut maintenant." AH! Faut pas me le dire deux fois. Donc tout à l'heure je pars, vers 15h30, pour aller chercher la fille, ses gants, ses bagages et ses joues endolories à l'aéroport d'Orly... Il me tarde de la revoir.
C'est dans ces moments que je regrette de n'avoir pas la télévision. Je ne peux m'empêcher cette avidité d'infos quand j'ai peur pour la suite des événements. Cela repose les éternelles questions des sources, de la vérité dans les média, etc. mais je suis assez vorace pour lire et écouter beaucoup de source différente - et je sais que les militaires sont en amont. Et pour ceux qui se réveillent, les frappes ont commencé en Irak. Ce soir, se tient un concert contre la guerre au Zénith. Je n'y vais pas parce que les artistes ne m'intéressent pas vraiment, mais il faut reconnaître qu'ils ont bien organisé leur truc, c'est la Maison Blanche qui les a tuyauté ?

mercredi 19 mars 2003

Ce soir, dîner impromptu avec Lisa, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Un bon moment, où nous alternons les souvenirs, qui montrent à quel point nous avons vieilli, nous avons été bien puis moins bien ensemble, à quel point nous avons changé, chacun de notre côté, à quel point nos expériences, communes et séparées, nous ont marqués, désabusés, meurtris. Elle est avec Cédric depuis le même moment que moi et la fille aux gants, mais se refuse à se laisser aller à être trop heureuse, y mettre trop d'espoir, parce qu'elle a été trop déçue auparavent. Moi qui ai eu les même mésaventures, en avait tiré les mêmes conclusions, jusqu'à maintenant. J'ai envie de me laisser aller, de m'abandonner. Si tu me lis, là où tu es, j'ai envie de toi.

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Ah tiens j'ai oublié : ce matin j'ai déposé mon statut de travailleur non salarié. Je vais pouvoir travailler en free-lance. J'aimerais bien trouver un truc à mi-temps à côté pour assurer mes arrières (avec une bonne formation de yoga peut-être). Si je foire ça, c'est un vieux rêve que je brise, mine de rien. Et mon appart que je risque, accessoirement.
Branle-bas de combat, one se laisse aller facilement à accumuler des choses lorsqu'on est pas stimulé par, par exemple, une visite... Beaucoup à faire pour rendre cet appartement présentable... Beaucoup trop pour le faire en une soirée (il faudrait déjà que je finisse mes travaux) mais au moins que ça ne soit pas répugnant. Ranger les courses d'hier matin, changer la litière du chat, me raser, aspirateur, lancer une lessive, ranger mes fringues qui, de retour de chez Nicolas, sont restés bêtement là dans leur valise (en fait, dans sa valise). Je transformerai mon lit d'une en deux places demain, c'est déprimant, un grand lit vide. Mon chat me voit m'activer, alors il essaie de participer, court partout, fait des 8 entre mes jambes, tente de me tuer finalement. Me dispute une chaussette. Va boire un peu. Pas bête, moi aussi.
La chanson avec laquelle je me réveille, ce matin, pour une fois je l'ai déjà depuis longtemps. Wicked Little Town, tirée d'Hedwig & the Angry Inch, avec d'habitude une préférence pour la version de la fin du film (rhaaa Michael Pitt), mais cette fois c'est celle de la fin de la pièce, plus musclée, chantée par John Cameron Mitchell.

mardi 18 mars 2003

Hier soir, à la station Belleville, j'ai regretté de n'avoir pas mon appareil photo sur moi. Une tribu d'exclus, une demi douzaine de sans abri, vivant ensemble, semblant rejeter la société autant que celle-ci les regarde de loin, de l'autre côté du quai. Ils vivent là, ne se soucient plus du regard des autres, utilisent des prénoms comme "Bébert" ou "Nono", boivent ce qu'ils trouvent, du vin ou du Fanta orange. Ils vivent là, n'ont pas l'air malheureux, plaisantent entre eux, ont des joies simples, fument sur le quai, mais qui leur enlèverait ça ? Le tableau en soi aurait été émouvant, s'il ne prenait pas place directement sous un panneau publicitaire pour Noos, qui vante les mérites d'un abonnement au câble choisi par deux hommes préhistoriques. L'analogie capillaire et dentaire est frappante. Je tourne la tête.
Handbags & Gladrags, des Stereophonics, serait ma chanson du jour, si j'arrivais à la télécharger... Du coup j'écoute Have a Nice Day. Merci à Virgin Radio pour le titre (mais pas merci pour la pub).
Au téléphone avec elle de 7 à 8 heures, pour bien commencer la journée... Bon j'ai raté la copie du DVD des clips de Björk, je ne peux pas le lire dans mon lecteur de salon, seulement dans mon ordinateur. Je ne désespère pas (si quelqu'un a une idée).

lundi 17 mars 2003

En bref : J'ai passé la journée au bureau à travailler sur un des deux sites que je fais à côté. Je pense que je vais utiliser la grève de demain pour ne pas aller à mon rendez-vous, quelque part à Epinay. Dans quelques minutes, Bush parle et j'ai peur. Mon chat dort sur mes avant-bras, ce qui réduit considérablement ma liberté de mouvement. Mon dîner avec Laura était très sympathique, elle m'a invité pour me remercier des services que je lui ai rendus dans le conflit qui l'oppose à mon futur ex-employeur. Encore une longue conversation avec la fille aux gants, plus enjoué, plus léger que les quelques précédentes. Agréable. Mon chat s'est levé pour aller chercher une croquette. J'ai sommeil. Demain matin, livraison de courses à 7 heures. Je suis con, des fois. Aucun sens pratique.

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Ventilation

"Est-ce que je souffle le chaud et le froid ?
- Non. C'est moi qui aspire le froid, toi tu souffles le chaud pour réparer mes conneries."
Finalement, on m'a fait m'habiller, j'ai été invité à dîner par deux amis. La blanquette de veau m'a changé de mes biscuits, et le Montbazillac de mon coca. Une belle soirée, suivie par une longue conversation téléphonique avec la fille aux gants. Mon coeur est au bout d'un yo-yo et c'est moi qui qui tiens la ficelle. Et comme un con je joue avec. Je suis heureux d'être avec elle, j'ai envie d'être avec elle, sur elle, sous elle, en elle, et je sais que c'est réciproque, et j'en suis ravi, et elle aussi, mais j'ai le chic pour en gâcher une partie en lui mettant malgré moi une pression ridicule, en lui déclamant des choses auxquelles elle ne peut pas répondre, parce qu'elle ne me mentira pas, parce qu'elle se sent incapable de me dire des choses qui l'engageraient, pour les mêmes raisons que cité précédemment. Et je sais tout ça, et je ne devrais pas créer ses moments délicats où elle ne peut répondre rien d'autre que "merci", mais c'est manifestement plus fort que moi, je parle trop. Hier soir donc, rebelotte. Par contre nous avons aussi eu l'échange téléphonique le plus chaud que j'ai eu depuis très longtemps, et ce n'est pas pour me déplaire; je ne rentre pas dans les détails, mais nous avons passé une bonne nuit tous les deux... Ce matin, elle m'apprend que le week-end du 29-30, où elle était censée travailler (j'avais justement pris mes dispositions pour aller voir mon père en Normandie), elle ne travaille plus, finalement. Et donc, sans pouvoir m'empêcher, lorsque je vois un plat, d'y mettre les pieds, je lui propose de m'accompagner, sans penser que ça pouvait prêter à conséquence... Son refus m'a fait mal, même si je comprends l'implication de rencontrer mon père...

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dimanche 16 mars 2003

Je travaille doucement sur les deux sites que je dois faire, je suis sous ma couette avec mon portable sur les genoux et mon chat sur les pieds, j'écoute de la musique calme en mangeant des Chamonix (ces trucs fourrés à l'orange), je viens d'écrire un long mail à la fille aux gants (vive le wap), je n'ai rien prévu de la journée, rien ne me fera m'habiller. Je remets à plus tard mes vagues projets d'aller au cinéma justifier ma carte UGC. Je vous souhaite ma sérénité, et vous conseille Mílanó, de Sigur Rós, si je ne l'ai pas déjà fait. Une chanson de 11 minutes dont on regrette qu'elle finisse si vite.

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samedi 15 mars 2003

Dans la rue après la réunion, message d'un ami : des places de concert pour Radiohead sont en vente, des petites salles, une poignée de dates au Royaume-Uni, ça part comme des petits pains. Réunion de crise avec la fille aux gants, qui désenfle doucement en restant à l'abri du soleil, lequel doit chauffer au moins aussi fort là-bas qu'ici. Elle aurait pu être un élément stabilisateur, raisonnable, qui m'aurait souligné mes finances à venir, mais non, elle est aussi partante que moi. Résultat : nous passerons trois jours à Dublin en mai prochain. Comme elle le soulignait tout à l'heure, pour quelqu'un qui ne veut pas s'engager... Je continue à avoir peur de ça, malgré ses propos rassurants. De moins en moins, mais c'est encore présent.

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J'ai assisté incrédule cet après-midi à ma première réunion de l'Inter-LGBT, essentiellement axée sur la préparation de la marche des fiertés du 28 juin prochain. Une jolie foire d'empoigne où un grand sosie d'Hedwig (sans les Angry Inches) veut régenter la confection des logos du char de l'inter-associative, où les "On est là !" de l'UMP sont acceptés (en rechignant, certes) aux côtés des Gouines Rouges et des Panthères Roses (véridique), où l'on vote pour savoir si les commerçants sont inclus dans le défilé ou à la queue, si les politiques sont avant ou après le char de tête. Globalement des gens bien intentionnés, qui veulent beaucoup de couverture chacun, malgré l'incompétence de certains qui ont quand même la parole... Petit lexique à l'usage des néophites dont je faisais encore partie il y a peu : LGBT = lesbiennes, gays, bis et trans. Citer tout le monde pour ne vexer personne. marche des fiertés = gay pride (rebaptisé parce que pas jugé assez politiquement correct ?)

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La fille aux gants, dont les initiales font FAG (ça valait la peine d'être souligné) a subi hier une opération des dents de sagesse à Toulouse. Elle revient jeudi. En attendant je ne peux qu'imaginer l'air endormi qu'elle a au téléphone, ses joues de hamster sur lesquelles les blocs de glace attendent d'agir, sa chambre d'hôpital avec les Femme Actuelle obligés mais sans serviette ni savon, le lit articulé sur lequel elle passe le temps, avec son lecteur CD mais sans son casque, nue dans une grande tunique...

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Vraiment soulagé que mon licenciement se passe (pour l'instant) bien. Je m'explique : je me suis déjà tellement ennervé avec mon boss que je pensais que l'entrevue pourrait, disons, ne pas être cordiale. Et puis il se sent apparemment tellement mal de me faire ça (pour résumer, je m'ennuie, je plombe sa boîte, c'est un piètre gestionnaire, pas super doué pour les relations humaines honnêtes, mais globalement on s'entend bien) qu'il a été aux petits soins, mon préavis court jusqu'à fin avril mais me laisse la bride sur le cou pour chercher autre chose, y compris l'accès au bureau, le fax, la photocopieuse, etc. En fait le licenciement est économique dans la mesure ou je ne suis pas rentable, et à long terme je suis un boulet pour la compta. Mais il n'était pas compliqué pour lui d'en faire un genre de faute, de non respect de mon contrat, de mes objectifs, de mes engagements, et dans ce cadre je n'aurais a priori rien touché. Ma collègue m'a dit qu'elle allait me regretter très fort, parce qu'elle va se retrouver dans notre exigu bureau avec une fille qu'elle ne supporte pas, assise en face de son patron. Nous étions l'un pour l'autre une sorte de bouée de sauvetage. Elle doit toucher des commissions intéressantes en juin, puis aimerait bien partir. Mais pas facile : notre boss a tout de même été habile, il n'embauche que des gens sans qualifications, qui sont donc très dépendants de lui.

vendredi 14 mars 2003

NASA

Un blog un peu indigeste, mais très précis. Je vous le conseille. Bonne lecture.
Trépidante, qu'elle est, ma vie. Ça me pendait au nez, je le savais, mais je voulais attendre que ce soit lui plutôt que moi qui prenne l'initiative de me parler. Et maintenant j'en suis soulagé, je peux chercher au grand jour : je suis licencié économique. En tout cas ce sera vraiment effectif fin avril.

jeudi 13 mars 2003

Inventaire

Hier soir je suis allé chez Nicolas pour récupérer les affaires que j'avais disséminées ça et là. Pour jouer à Prévert, on peut compter quatre pulls, deux chemises, trois caleçons, neuf chaussettes dont deux roses pour le ski, deux pantalons dont un treillis, un Paris vu du ciel, un Larcenet, deux Largo Winch, un Garfield, une chatte et sa caisse, trois Maupin (à la fille aux gants d'ailleurs), une bouteille de liqueur de chocolat (encore meilleur que le Bailey's), une demie douzaine de t-shirts, un peignoir Microsoft (pour donner des éruptions cutanées aux Mac addicts de mon entourage), du sirop pour la toux, le chargeur de mon iPaq, quelques numéros du Time, et quatre personnages Kinder du Seigneur des Anneaux.
Et comme tout ça, regroupé dans une valise, une caisse, un sac à dos, plus mon ordinateur, ne serait jamais passé par l'exigu portillon de la station Rue des Boulets, ni monté les escaliers de mon Château Rouge, j'ai appelé un taxi.

J'ai consulté mes mails sur son iMac. Et aussi les commentaires du blog. Et j'ai été curieux, j'ai regardé l'historique de son Internet Explorer. Je m'attendais à y voir les sites de rencontres qu'il utilisait déjà avant moi, quelques adresses de sauna, son horoscope. Je m'attendais (un peu) moins à y trouver ces photos allemandes de garçons plus que probablement mineurs, soft, certes, mais nus quand même.

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Désolé, j'ai enlevé le post-test avant de voir le commentaire de Flaoua, qui exprimait son acuité visuelle par un "!!! vu! :)" bien senti. comment, vous voulez dire qu'un commentaire, c'est pas juste pour se faire de la pub ? :p
Trop de choses à dire, un seul clavier, deux mains, et quelques doigts (pas tous) sur chaque main pour les taper... En premier, parce que ça ira vite, allez voir cette boule de cristal, qui devinera à quel symbole vous pensez. Sidérant, jusqu'à ce que je trouve le truc (et épatant après quand même).

mercredi 12 mars 2003

Bon, ça ne valait pas la peine de se lever, j'aurais pu lire cette lettre dans le métro demain... Pas de révélations, rien de croustillant, juste les préoccupations quotidiennes d'une vraie adolescente un peu déprimée, avec sa solitude et le bac blanc qui va avec. Sur ce, dormir, enfin dormir avant une heure du matin, le première fois depuis des semaines.
Tiens, vous avez remarqué ? Mon chat est revenu de chez Nicolas aujourd'hui. Elle a semblé retrouver avec plaisir ses planques, ses poutres, ses meubles, et ma couette.
Vous vous souvenez de Misao, qui est venue de son sud natal pour passer le week-end chez moi (voir les archives) ?. Notre relation a été un peu ambigue au début, jusqu'à ce qu'elle se trouve un copain il y a quelques mois, et puis il l'a trompée, elle l'a plaqué, elle m'a vu m'ennuyer avec Nicolas, elle m'a entendu parler de la fille aux gants sans penser que je pourrais passer de l'un à l'autre, et ce week-end, où nous avons passé du temps ensemble sur MSN, elle m'a répété combien la fille aux gants avait de la chance, à quel point pas elle, qu'elle ne trouverait jamais quelqu'un comme moi, c'est à dire très à son goût, mais plus proche d'elle, etc. J'ai dévié poliment la conversation sur mon petit frère, un chouia plus de son âge, et aussi plus coureur que moi, lui instillant apparemment l'espoir de sa prochaine année universitaire à Paris... Je viens de recevoir une lettre d'elle, que je n'ai pas encore ouverte parce qu'elle est dans mon manteau et que je suis en train de pianoter sous ma couette, le chat sur les jambes, mais je suis vraiment curieux de savoir ce qu'il y a dedans... Cher public, je vais finir par me lever.

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Avant de vous poster le mail que j'ai reçu cet après-midi de ma Môman, je dois vous fournir un petit fonds historique. Quand j'étais petit, peu après la naissance de mon petit frère, mes parents ont divorcé et se sont remarié chacun de leur côté, pour avoir d'autres enfants (pour un total de cinq). Je rappelle aussi au passage que la fille aux gants cherche un appartement pas loin du mien dans le 18è, de préférence sur la ligne 12. Nous sommes d'accord sur un point : la vie commune, c'est mal. En tout cas ça conduit souvent à une routine qui tue l'amour, la contingence prend le dessus, des broutilles se font des montagnes, etc. C'est pourquoi dans l'adversité où elle se trouve, j'ai bien sûr proposé mon aide et mon appartement, mais je n'ai pas insisté après qu'elle a décliné mon offre, mais ça ma mère ne le sait pas. Voilà pour l'intro. << J'étais confrontée en... 1983 (!) à ce que je qualifierais de "même situation" que la fille aux gants. Aujourd'hui, elle quitte quelqu'un mais doit s'installer provisoirement chez une copine pour ensuite, trouver quelque chose à elle ... J'étais installée dans un appartement assez grand avec mes deux garçons et P. dans le sien. Ma s?ur ramenait son mari de Corfou, j'ai proposé à P. de venir chez moi et laissez son appart à ma s?ur. Il n'était pas prêt (nous sommes en octobre) à venir vivre chez nous. Ils se sont donc installés avec nous à Rouelles. P. est venu partager notre appartement en juillet 1984 ! Je veux t'expliquer que la fille aux gants peut t'en vouloir de ne pas proposer de venir chez toi directement. On peut ne pas être prêt en octobre et vouloir vivre ensemble six mois plus tard (c'est rien 6 mois). Je n'ai compris qu'avec l'âge.>> Elle me détaile ce que je savais déjà, c'est qu'elle en avait voulu à P. d'avoir refusé à l'époque. Je ne lui ai pas encore répondu notre position là-dessus, je ne doute pas qu'elle la comprenne, "avec l'âge" elle se fait philosophe sur les choix de vie parfois peu conventionnels de ses enfants. Mais je vous parlerai de mon petit frère une autre fois.

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Pour ceux qui ont besoin de motivation, je conseille la lecture de cette page.
Des heures au téléphone hier soir à évoquer l'attachement et la distance, parler ou ne rien dire, la raison ou la passion, les amis d'enfance qui vous déçoivent quand ils grandissent, sa chambre d'adolescente, et l'envie que j'ai de l'avoir contre moi...

mardi 11 mars 2003

Je constate avec surprise, bonheur, étonnement, joie, etc., que je suis cité plusieurs fois dans deux catégories aux Blogs d'Or. Par contre je signale charitablement que tous les liens vers les blogs en questions semblent ne pas fonctionner sous Safari (alors qu'Internet Explorer ne pose pas de problème, autant dire que je n'ai rien dit).

La fille aux gants en retire avec raison une certaine fierté, et parle en souriant de "notre nomination"... "J'ai peur qu'un jour, tu te rendes compte que je ne suis qu'une coquille vide, et que le personnage que tu m'a créé est beaucoup plus intéressant que moi. - Ne dis pas de bêtise. Ai-je changé ton personnage ? Ai-je même changé la façon dont tu parles, ou ce que tu dis ? Une parole ? - Non. - Je ne peux pas parler pour l'avenir, mais ne t'inquiète pas."

Plus personne ne commente, c'est chiant ce que j'écris ? Ou ça n'appelle pas à commentaire ? En tout cas par contre merci pour les deux mails toumignon que j'ai reçus. Et MERCI à Flaoua pour la micro-bannière dont elle se sert pour linker vers cette page. C'est très joli, et je suis flatté. Et comme on en est au chapitre des messages perso, la fille aux gants me dit de dire à K-Tar 6 qu'elle a habité place Saint Cyprien, et qu'elle vient de partir 10 jours à Toulouse. Voilà c'est fait.
Vous connaissez l'expression "faire l'amour toute la nuit" ? Ben ce doit être assez dur à faire, ou alors il faut vraiment s'être bien reposé pendant la semaine précédente. En tout cas, nous avons dormi de cinq à huit heures du matin.
Je pense vite, je pense trop, et je me monte des films.
"Tu a déjà imaginé que je me remette avec Thomas ?
- Oui.
- Vraiment ?
- J'ai des peurs qui ne sont pas omniprésentes, mais qui sont là, parfois. J'ai peur qu'un jour, pantelante sur l'oreiller, nos corps encore ruisselants, tu me rappelles que tu n'as toujours pas envie de t'impliquer. Quand tu m'appelles et que ça ne va pas, comme hier, j'ai peur que ça puisse être de ma faute; ou pire que ça vienne de quelque chose que je ne maîtrise pas. J'ai peur que tu me reparles comme au Salon de l'Agriculture.
- Ne t'inquiète pas. Je suis bien avec toi; je ne me pose pas de questions, je n'ai pas envie de m'en poser, parce que je suis bien avec toi. Les gens que je connais me disent que j'ai l'air épanouie, je parle de toi à tout le monde parce que je ne peux pas m'en empêcher. Ne t'inquiète pas. silence Je n'aurais pas dû te parler de ça.
- Non, c'est bien que tu saches ce que je pense, et c'est bien que tu aies su me rassurer. Ça ne veut pas dire que je le penserai plus mais...
- On ne m'avait encore jamais parlé comme ça. On ne m'avait encore jamais parlé comme ça avec des larmes dans les yeux. J'ai encore plus l'impression d'être un personnage de roman.
- Tu es un personage de roman. Deux coups d'agrapheuse dans mon blog et hop. Tu te sens mieux dans ce restaurant ?
- Tu n'étais pas obligé tu sais.
- Qui parle d'obligation ? je l'ai fait pour moi :p"
Grosses langoustines dorées, riz rond aux calamars parfumé de chorizo pour moi, Saint Jacques aux truffes et pommes sautées et cerfeuil pour elle. En dessert, millefeuille glace et mousse prâline et cannelle pour elle, le "Tout Chocolat" d'un gourmand de cacao pour moi. Sur un coup de tête, notre repas d'adieu s'est fait sur une des douze tables du Lutetia plutôt que dans la pizzéria d'à côté.

lundi 10 mars 2003

Je ne retiens pas les visages ou les prénoms, mais je suis très sensible aux odeurs et aux lieux, comme je l'ai déjà évoqué ici. Là dessus, deux choses : * je suis passé ce matin dans le 15è en bus, et j'étais tout chose au souvenir de la fois où je suis venu voir la fille aux gants sur son lieu de travail. * "Quand je me suis réveillée, ce matin, j'avais ton odeur sur ton bras, alors j'étais contente. - Mais, qu'est-ce que j'ai fait sur ton bras ? - Je ne sais pas mais j'étais contente." On m'apprend à l'oreillette qu'elle passe la nuit chez moi, pour la première fois. (*o*) soupir + étoiles dans les yeux
Elle part demain, passer dix jours à Toulouse. Soudainement autant, et soudainement plus rien, elle va me manquer. Le bon côté des choses, c'est que je vais pouvoir avancer, j'ai du travail en retard et du sommeil à rattraper. Nous avons pris des dispositions, pour que je lui maile le contenu du blog, dont elle ne veut pas perdre une miette. Là-bas elle n'a pas internet, mais peut consulter ses messages par la grâce de son téléphone portable. J'espère lui manquer plus que mon blog.
Ce matin, j'ai eu mon premier suicide dans le métro. Ma rame s'est arrêtée brusquement peu après être entrée à Jules Joffrin, mon wagon encore dans le tunnel. Aucune information, finalement un emplyé de la RATP qui vient nous chercher, après quelques minutes d'attente et avoir évacué le reste de la station. Spectacle irréel d'un quai vide en plein jour, à l'exception de notre petit groupe, souvenir de scènes analogues dans Men In Black, ou est-ce un autre film ? Nous croisons les pompiers dans notre remontée à la surface, cordon de police en haut de l'escalier. Le traffic est interrompu de Trinité jusqu'au terminus. Pourquoi ? Pas de correspondances possibles. je prends le bus. Avec ce prétexte en poche, je vais jusqu'à Boulogne avec. À peine monté dans le bus, la fille aux gants m'appelle. Je lui raconte ma péripétie toute fraîche, elle me raconte les siennes, ses démélées avec son ex, un garçon jusque là sans histoire, qui a su devenir odieux et détaché en quelques jours. Il semble convaincu que quelque chose va se passer entre elle et moi, si ce n'est déjà fait. Elle avait peur de confirmer, ne voulait pas mentir : son silence dut être éloquent. Je le trouve perspicace, mine de rien, on a du se voir une fois et demi.
"Pourquoi ça ne me dérange toujours pas que tu sois bi ? - Peut-être parce que tu sais que ça ne change pas qui je suis. Je suis le même, même si j'ai pu, ou je pourrai me retrouver plus tard dans la même position avec un garçon. Peut-être aussi que tu n'es pas assez bête pour y voir une menace d'infidélité. - Quand même, j'ai moins d'a prioris que je ne le pensais." Dans la pénombre, sous les étoiles gâchées par l'aura parisienne, nous alternons nos ébats et nos conversations, inattentifs à la musique ou recueillis sur le presque silence de ma petite cour du 18è. Le corps qu'elle m'offre malgré sa pudeur m'émeut par sa grâce et la confiance qu'elle m'accorde. Ses yeux se noient dans les miens, je ne focalise pas lorsqu'elle est trop proche, mes mains se perdent sur elle, je voudrais qu'elles soient plus nombreuses et me repaître de sa peau. Le réveil sonne, elle doit repartir.
"Les homosexuels sont les meilleurs amants du monde." (Gloria Lasso) C'est la fille aux gants qui me l'a dit. :p

dimanche 9 mars 2003

Un week-end assez peu productif, en dehors de l'exploration des possibilités de mon PowerBook, et du nettoyage de mon appartement, qui commençait à en avoir besoin après trois mois sans résident permanent. Pour info, le graveur DVD du PowerBook 12", un Matshita UJD-815, est en RPC2, c'est à dire que la zone est changeable 5 fois. Le problème est qu'il vient d'arriver en rayon, ça n'a pas encore été craqué... Bon ce n'est pas un vrai problème, j'ai un lecteur de salon qui lit les quelques galettes exotiques que je possède, mais bon. À part ça la vie est belle, je suis heureux et on dirait bien que la fille aux gants aussi. Et cela me ravit.
Nicolas l'a pris assez froidement, ayant déjà été préparé par notre conversation téléphonique de jeudi. Mais rien de méchant ni de mesquin, pas de débordement, une dernière réparation de son ordinateur, une poursuite avec le chat et une souris en plastique. La chanson du jour : Milano, de Sigur Rós. C'est une nouvelle, je viens de retrouver un enregistrement du Grand Rex (13 février de cette année) et elle m'a mise les larmes aux yeux comme la première fois. rhaa que c'est bon

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