Elle m'a écrit
C'était il y a quelques années. J'avais promis que je ne le ferais pas, mais je l'avais fait quand même : pendant notre relation, j'ai écrit à quelqu'un d'autre, et je n'aurais pas dû. Nous savions tous les deux que ça n'avait fait de mal à personne, mais elle en a fait une question de principe, et elle m'a demandé de partir.
J'étais anéanti, déchiré. J'ai eu beau plaider, essayer de négocier, on ne fait jamais bien de négocier. Quand l'un des deux ne veut plus, c'est fini... J'ai pleuré comme un môme, plus que pour aucune autre rupture.
Alors je suis parti; je savais que je n'arriverais jamais à l'oublier, que je n'essaierais même pas. Je tentais de nouvelles choses, de nouveaux voyages, sans jamais vraiment perdre l'espoir de vivre de nouveau ce que nous avions vécu ensemble, en sachant que ça n'arriverait jamais avec personne d'autre...
À Grenoble, j'ai pensé trouver mon bonheur; mais le succédané n'ai que le goût de fade, et ne fait qu'attiser la frustration d'avoir, à jamais, perdu l'original... Oh bien sûr j'y ai un peu trouvé mon compte, et la "remplaçante" aussi. Transformé comme je l'avais été par ma relation précédente, il m'a semblé un moment que j'aurais pu rendre heureux la Terre entière, sauf moi.
J'en ai passé des nuits, et des heures éveillées, à ressasser mes erreurs, à me demander comment serait ma vie, si je n'avais pas admis ma faute, si j'avais caché ça, est-ce que j'aurais pu vivre avec ce secret, et la regarder dans les yeux ? La regarder dans les yeux, sûrement, mais la conscience tranquille ?
Ça fait des mois que je lui envoie des messages. Que le téléphone sonne dans le vide. Jamais une réponse, le moindre accusé de réception. J'étais mort à ses yeux, et moi je continuais ma dévotion. Savoir que si je n'avais pas subi cette rupture, je ne serais pas dans les bras de ma compagne ce soir, aide, bien sûr, à se faire une raison. Mais se faire une raison n'empêche pas de se souvenir... Ni de regretter.
Et puis dimanche soir, un mail. Quelques mots, à peine une phrase, que je ne citerai pas, qui m'indique qu'elle est disposée à me voir. Mon coeur s'emballe, ma gorge se noue, et ma compagne à mes côtés, qui sait de quoi il s'agit, est émue aussi. Je ne sais que faire. Répondre avec force, dire oui à tout, se traîner à ses genoux ? Ou me faire désirer ?
Je n'ai jamais été bon à ça. Le temps de rédiger un mail, qui lui explique à quel point je suis flatté et heureux, et de résoudre un problème de connexion à internet... Un second mail me donne rendez-vous, si je le désire, le 5 octobre, chez elle.
Quel drame que de voir un rêve arriver dans son inbox, et que la logistique ne suive pas... Tous les vols, tous les trains qui me ramèneraient vers elle sont hors de prix, et je sens, je sais que cette entrevue n'est qu'une audience et pas un tête-à-tête... Dois-je risquer mon futur pour ce que je rêve de mon passé ? Je tente un mail qui demande une autre date. J'en attends encore la réponse.
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1 commentaires :
Moi je sais-euh ! Moi je sais-euh !
;o)
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