vendredi 7 septembre 2007

Cold Tea Blues

Teacup courtesy of WikipediaQuand j'habitais l'Irlande, je me faisais facilement entre deux et quatre thés par jour.
Un quart d'heure de pause le matin, un autre l'après-midi, ne permettaient pas autre chose; les sachets comme l'eau chaude étaient gracieusement fournis par mon employeur, et je compensais l'âpreté du thé irlandais ("breakfast tea") en y ajoutant beaucoup de sucre, avec à l'idée que le surplus de glucides m'aiderait à ne pas m'endormir à mon poste, quand la chaleur étouffante des ordinateurs simulait les tropiques auxquels nous aspirions tous.

Le soir -- lorsque la colonie-de-vacancitude de ma vie sociale ne m'emmenait pas dans un pub ou un club -- je pouvais explorer d'autres horizons théiniens avec d'autres parfums, en général importés, de russie, de chine ou d'ailleurs. L'Irlande est comme l'Angletterre sur ce point : on y boit beaucoup de thé, mais la qualité locale en fait juste une boisson chaude de consommation courante, pas vraiment une oeuvre d'art.

À mon bureau aujourd'hui, je me suis fait une tasse de thé. L'état fiévreux dans lequel je me trouve en explique probablement l'envie, tout comme la présence miraculeuse d'un sachet de thé dans mon sac. Ce goût dur, dans ma bouche, la dernière gorgée qui accroche encore mon palais, c'est ma madeleine à moi — une de mes madeleines, en tout cas, j'en ai plus qu'il n'en faut -- et je me sens bien seul aujourd'hui. Sans vouloir révéler trop de l'excellent Ratatouille, c'est probablement pour ça que le plat culminant du film m'a tant parlé, tant ému. Enfin bref, s'il y avais une direction à ce post, je dirais que je digresse...

Pour revenir sur le sujet, les paroles d'une chanson des Cowboy Junkies, encore un groupe que je suis tout seul à aimer (mais peut-on en vouloir à mes amis de ne pas aimer la country dépressive), Cold Tea Blues, simple et triste. Allez, bientôt dans un podcast.

If I pour your cup, that is friendship
If I add your milk, that is manners
If I stop there, claiming ignorance of taste,
that is tea
But if I measure the sugar
to satisfy your expectant tongue
then that is love,
But if I measure the sugar
to satisfy your expectant tongue
then that is love,
sitting untouched and growing cold

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