lundi 27 juin 2005

Melbourne, une heure tout seul

Trente minutes d'avance, c'est une bonne chose, parce que j'avais dit 7 heures du matin à Karen, et que si on compte les bagages et la douane, elle pourrait avoir à m'attendre très longtemps...

Descente de l'avion. La clim est peut-être déréglée, ou alors c'est pour acclimater les arrivants tropicaux, mais la chaleur dans le tunnel est insupportable, un peu comme celle de Langkawi, sans la beauté du paysage. Puis en arrivant à la douane, le climat redevient tempéré.

Le filtrage est impressionnant. Á chaque petit guichet, les passagers remettent le petit papier qu'on nous a demandé de remplir dans l'avion. Le papier est beaucoup moins idiot que le modèle américain (vous savez, "avez-vous fait vos bagages vous même ?", "venez vous aux USA pour des activités terroristes ?"), il demande juste ce que vous venez faire, si vous avez visité des fermes avant de venir, et combien de temps vous voulez rester, ce genre de chose.
Je donne mon papier, je demande à ce qu'on m'indique où je dois me faire tamponner le passeport pour valider mon Working Holiday visa. On me fait patienter à part, et on me donne un petit papier avec deux adresses ou je peux me rendre, une à Melbourne et l'autre à Dandenong (la banlieue, apprends-je plus tard).

Je passe à travers le dernier Duty Free, sans rien acheter pour ne pas me charger, et j'arrive aux tapis roulants où je récupère ma valise. On nous demande de rester immobile un peu ici pour que les chien viennent nous renifler. On sent la peur au ventre de ceux qui se sont chargés au Duty Free, ceux à l'haleine suspecte, ceux qui viennent avec de fromage, ou pire.

Puis ils vérifient le petit papier, de nouveau, pour nous mettre dans différentes queues, puis au bout de la queue ils passent les bagages (à main ET valise) aux rayons X, et ils prennent le petit papier.

Et j'arrive à la porte de l'aéroport, tout prêt à être embarqué par Karen, à l'heure où mon avion aurait dû atterrir... Mais elle vient de partir de chez elle, donc je dois attendre bien une heure. J'en profite pour changer mon argent (je n'ai toujours pas compris si le $ australien vaut plus ou moins que l'euro).

Je ne peux pas vraiment lire, encore moins sortir l'ordinateur pour regarder un truc, je suis trop tendu. Je fais les cent pas avec mon chariot. Je change plusieurs fois de siège, je laisse un message sur son répondeur.
"Je peux t'appeler, c'est que je suis en Australie... Si tu veux passer à l'aéroport, je t'y accueillerais avec plaisir."

Je sors. Je suis devant l'aéroport. Il n'est pas 7h. Le ciel est rose, passe doucement au bleu clair d'un matin froid. Je suis en chemise, une chemise indienne que ma mère m'a offerte pour mon anniversaire. Elle est bien fine, mais j'accepte la morsure de l'air vif avec plaisir, l'avion a engourdi tous mes sens. Le soleil se lève doucement sur l'hôtel Hilton, relié à l'aéroport par une passerelle. La lumière sculpte une réalité étrange dans l'architecture en face de moi.
"Je suis en Australie"
Ça ne sonne pas encore réel.
"Sur la carte, j'étais là, et maintenant je suis là."
Je me souviens que ce processus m'a pris quelques semaines, quand j'ai déménagé en Irlande. Je ne m'attends pas à moins.

Et puis elle arrive. Elle ressemble à ses photos. Un manteau noir, une écharpe rose, et un petit sourire. J'avais peur d'avoir à lutter pour la reconnaître, mais non, c'est elle, et il semble que ce soit moi, dans ces yeux bleus. Une accolade furtive, et elle m'explique son retard.

EDIT: la suite ici.

2 commentaires :

Anonymous Anonyme :

ca me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles.

03 juillet, 2005 22:21  
Anonymous Anonyme :

à part ca c'était vincent (gvgvsse)

03 juillet, 2005 22:22  

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