Je passe enormement de temps dans cette satanee boutique de telephones portables, je depose mon sac chez moi, et me dirige vers le Raven, a l'autre bout de la ville - dix minutes de marche, maximum.
J'ai quitte mon appartement avec quatre CD vierges, les derniers d'une boite de dix que j'ai achetee pour elle, un recueil de cinq nouvelles de Kawabata, dans lequel j'ai laisse la carte du Milano, notre premier restaurant, qui m'a servi de marque-page, et la bague en plastique vert a elle offerte par une des enfants de sa famille irlandaise. Je mets le livre avec mon portefeuille, contre ma poitrine; un, deux, puis trois CD dans la poche droite de ma veste, le quatrieme dans la poche gauche avec mes cles. Mon telephone me gene et finit dans ma pochette. Je change le troisieme CD de poche.
Premiere vitrine, de face, elle n'est pas la; seconde vitrine, un couple de femme trinque et me cache le reste de la salle; porte suivante, je la voit a travers, elle plaisante avec le barman. Elle semble remise, elle semble normale. Elle me voit, part s'asseoir avec son verre de Bulmers. Je vais au comptoir sans lui avoir dit bonjour, et la rejoins avec un verre de Murphy's. Des habitudes qui ont changees. Quand nous nous sommes rencontres, elle pouvait me commander, sans me demander, une Smirnoff Ice, et moi pour elle un verre de vin blanc.
Je m'installe, et le silence avec moi. Nous nous regardons, sans vraiment sourire, sans franchement oser. Mes mains sont jointes devant le bas de mon visage, ses cheveux cachent les cotes du sien.
"Tu as bronze."
Elle me raconte alors ses journees dans les parcs, les coups de soleil en fait - sa poitrine est rouge, comme, elle me l'indique, ses epaules et ses mollets. Je lui raconte mes derniers jours, rester chez moi, ne voir personne, ecrire beaucoup. Elle n'ecrit plus, trop de choses et rien a dire, dit-elle.
Elle me narre cette anecdote, peut-etre pour voir ma reaction, sur cet homme qu'elle a trouve beau de loin, dans Fitzgerald Park, cette homme qui lisait sous un arbre, et qui changeait d'arbre regulierement. Lorsque finalement il s'est leve pour partir et non se rasseoir a l'ombre, elle l'a suivi, pieds nus, courant meme, pour lui caresser le bras, lui prendre la main, lui apprendre qu'elle l'a regarde toute l'apres-midi, qu'elle pouvait lui raconter son parcours sous les arbres, que toute l'apres-midi, elle a eu peur qu'il s'en aille. Et elle a tourne les talons, et c'est lui qui l'a suivi, rougissant, lui proposant de se revoir, lui demandant son prenom. Mais il l'avait deja lassee, et Anthony est reparti bredouille.
De cette anecdote probablement vrai, je retire surtout qu'elle peut passer a autre chose promptement - et je sais de quoi je parle.
J'ai quitte mon appartement avec quatre CD vierges, les derniers d'une boite de dix que j'ai achetee pour elle, un recueil de cinq nouvelles de Kawabata, dans lequel j'ai laisse la carte du Milano, notre premier restaurant, qui m'a servi de marque-page, et la bague en plastique vert a elle offerte par une des enfants de sa famille irlandaise. Je mets le livre avec mon portefeuille, contre ma poitrine; un, deux, puis trois CD dans la poche droite de ma veste, le quatrieme dans la poche gauche avec mes cles. Mon telephone me gene et finit dans ma pochette. Je change le troisieme CD de poche.
Premiere vitrine, de face, elle n'est pas la; seconde vitrine, un couple de femme trinque et me cache le reste de la salle; porte suivante, je la voit a travers, elle plaisante avec le barman. Elle semble remise, elle semble normale. Elle me voit, part s'asseoir avec son verre de Bulmers. Je vais au comptoir sans lui avoir dit bonjour, et la rejoins avec un verre de Murphy's. Des habitudes qui ont changees. Quand nous nous sommes rencontres, elle pouvait me commander, sans me demander, une Smirnoff Ice, et moi pour elle un verre de vin blanc.
Je m'installe, et le silence avec moi. Nous nous regardons, sans vraiment sourire, sans franchement oser. Mes mains sont jointes devant le bas de mon visage, ses cheveux cachent les cotes du sien.
"Tu as bronze."
Elle me raconte alors ses journees dans les parcs, les coups de soleil en fait - sa poitrine est rouge, comme, elle me l'indique, ses epaules et ses mollets. Je lui raconte mes derniers jours, rester chez moi, ne voir personne, ecrire beaucoup. Elle n'ecrit plus, trop de choses et rien a dire, dit-elle.
Elle me narre cette anecdote, peut-etre pour voir ma reaction, sur cet homme qu'elle a trouve beau de loin, dans Fitzgerald Park, cette homme qui lisait sous un arbre, et qui changeait d'arbre regulierement. Lorsque finalement il s'est leve pour partir et non se rasseoir a l'ombre, elle l'a suivi, pieds nus, courant meme, pour lui caresser le bras, lui prendre la main, lui apprendre qu'elle l'a regarde toute l'apres-midi, qu'elle pouvait lui raconter son parcours sous les arbres, que toute l'apres-midi, elle a eu peur qu'il s'en aille. Et elle a tourne les talons, et c'est lui qui l'a suivi, rougissant, lui proposant de se revoir, lui demandant son prenom. Mais il l'avait deja lassee, et Anthony est reparti bredouille.
De cette anecdote probablement vrai, je retire surtout qu'elle peut passer a autre chose promptement - et je sais de quoi je parle.
Un silence passe encore. Je sors de ma veste, posée a cote de moi, d'abord deux CD vierges dans un mouvement ample, je retourne la veste, prends les deux autres dans le même mouvement, fouille a l'intérieur, sors le livre et l'empile sur les CD devant elle, et dans un geste que je pensais théâtral, pose la bague au sommet. Sauf qu'entre-temps elle s'est retournee, j'ai senti qu'elle n'a pas aime que j'aborde ce sujet qui signifie la fin. Elle s'est levee au moment du livre pour faire de la monnaie sur un billet de cinquante, elle est revenue alors que j'avais termine, donné trente-cinq euros avant de s'asseoir. J'ai rate mon effet.

1 commentaires :
la suite !! la suite !! ..
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