vendredi 28 mars 2003

Trans

L'appartement visité, où j'ai d'ailleurs emmené la fille aux gants ce midi, est très beau. Deux pièces blanches, parquet, trois fenêtres sur cour, cuisine à part, toilettes à part, baignoire, chauffage collectif, troisième étage, tout refait, etc. Passe encore qu'on apprenne que le loyer est de 630 et non 600 comme précisé dans l'annonce, mais les charges sont de 70 euros et le total est bien trop élevé pour la bourse de ma compagne.
L'attraction supplémentaire vient du (de la ?) propriétaire, une baraque d'un mètre quatre-vingt cinq (ça parait plus haut en toutes lettres, non ?), qui a à la fois des seins, de la moustache, des talons, un cigare, une jupe, une perruque et une voix de fausset... Il serait mal venu de ma part, moi qui assiste occasionnellement au conseil de l'Inter LGBT (dont le T lutte pour les droits de Madame le propriétaire), de me livrer à de la transphobie, mais était-ce une raison pour me tancer ainsi, parce que j'ai fait déplacer mademoiselle pour rien, si j'avais bien lu l'annonce j'aurais su que c'était cher ?
Premièrement, trav ou trans ? nous n'en saurons jamais rien.
Ensuite, cette visite a fourni un alibi parfait à la fille aux gants, qui a pu manger une barquette de frites avec moi ce midi, me faire lire sa production quotidienne en vue du blog qu'il faut que je pense à lui construire...

Elle revient sur notre discussion d'hier mieux que je ne le ferais, parce que je n'ai pas vraiment envie d'en parler; toujours cette peur que j'ai de m'investir avec quelqu'un que ne le veut pas vraiment; moi qui m'attache trop aux mots, elle qui n'arrive pas à les prononcer, mais apparemment pas à les ressentir non plus. Je lui corrige une citation, de moi, essaie de penser à autre chose. Et puis elle repart vers son stage - passionnant - de compression numérique.

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