mardi 11 février 2003

Yew

Yeeeew. Je me dégoute.
Hier matin j'avais rendez-vous chez un client, un restaurateur dont l'orientation sexuelle ne fait aucun doute et à qui j'ai vendu des cours d'informatique. Après lui avoir donné sa facture et pris son chèque je pensais prendre congé. Nerveux, il me demande s'il est possible de se voir, peut-être, un jour, loin de toutes considérations professionnelles. Le sachant marié à son cuisinier, je ne sens pas venir le coup fourré, pense à un verre honnête entre gens de bonne compagnie, et acquiesce. Il semble soulagé, heureux, même, souligne le charme qui se dégage de moi, me propose mercredi soir, donc demain, après son service, donc 23h. Je tique un peu mais me dis que l'heure tardive sera un bon prétexte pour expédier ça si leur conversation tourne, comme je le crains, autour de crus classés et de toile gustavienne.
Il me raccompagne à la porte de son bureau. "On peut s'embrasser ?", demande-t-il. Je me penche pour faire la bise au cinquantenaire fébrile, qui m'agrippe, me penche, m'embrasse fougueusement. La bienséance et ma raison aurait voulu que je résiste. Je me contente d'enregistrer son goût de café, son after shave coûteuse, son épaisseur. Ses mains courent partout sur moi. Je me dégage de son étreinte avec un sourire, ne me résolvant pas à une esclandre avec un de mes meilleurs clients. "Tu as déjà fait des choses à trois ?" Je m'éclipse. "À mercredi !" me lance-t-il, manifestement aux anges.
Comment vais-je m'en tirer ? Il est hors de question que j'y aille, yuk yuk yuk.
J'ai réussi à ne pas trop y penser hier soir, chez Nicolas. Il ne m'a jamais paru aussi agréable. Jeune. Fin. Je suis abject et ne mérite personne.

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire

Liens vers ce post :

Créer un lien avec Blogger

<< Retour