23:47 : Frederik Mey
J'ai sommeil, mais je n'ai pas envie de dormir... Quand je suis dans cet état, mes défenses se volatilisent, je baisse ma garde, et je crois que je viens de craquer sur l'AppleStore...
Mes yeux se ferment mais... bref, je vais y aller quand même. Je viens de recevoir un coup de fil du boulot (note : penser à éteindre ce satané portable) j'ai un devis à pondre pour demain 15h, pas piqué des hannetons.
Nostalgie de la nuit, voici, chers lecteurs, une chanson de mon enfance :
En passant devant le superbe parking, je me souviens
De ces jardins de banlieue qui lui ont cédé le terrain.
Ma tante avait une maison, là où se trouve l'entrée.
C'était un petit pavillon au milieu des azalées.
Régulièrement, je piétinais son jardin au printemps,
Ce qui me valait quelques gifles aussi régulièrement,
Mais j'y trouvais, quand revenait la saison des hannetons
Les plus rares spécimens pour compléter ma collection.
Aujourd'hui, je ferais en vain une telle expédition,
Et je rentrerais bredouille,
Sans les hannetons qui grouillent
Sur les feuilles de ma boîte de carton.
Il n'y a plus de hannetons.
Quelquefois, le père Antoine venait juger mon butin.
Il était un grand expert en scarabées, je m'en souviens.
Il disait que, dans sa jeunesse, ils étaient un vrai fléau,
Qu'on ne comptait pas par pièces, qu'on les comptait au kilo,
Qu'il y avait des primes de capture et que, certains jours,
Pour chasser les hannetons, les enfants n'avaient pas de cours.
Le récit de ses exploits m'impressionnait profondément
Et, avec mon carton sous le bras, je rentrais tristement.
Aujourd'hui, je ferais en vain une telle expédition,
Et je rentrerais bredouille,
Sans les hannetons qui grouillent
Sur les feuilles de ma boîte de carton,
Il n'y a plus de hannetons.
Tant de questions sont pressantes, mais j'écris en conclusion,
Sur une feuille de hêtre, un requiem pour hannetons.
Pourquoi dédaignent-ils le parking comme quartier d'hiver,
Et même le vieux chêne ayant résisté aux bulldozers ?
Si cela me préoccupe tant, c'est peut-être en raison
De tout ce que j'ai appris jadis avec ces compagnons.
Et si leur départ m'angoisse, c'est peut-être que je crois
Que les hannetons ne nous précèdent que d'un petit pas.
Aujourd'hui, je partirais en vain pour une expédition,
Et je rentrerais bredouille,
Sans les hannetons qui grouillent
Sur les feuilles de ma boîte de carton.
Il n'y a plus de hannetons.
C'est bizarre, j'ai une nostalgie profonde pour cet auteur, dont le fond de commerce est, justement, le "C'était mieux aaavant" avec lequel on moque certains geignard actuels... Mais lui était plus drôle. Enfin je trouve. [en fait je suis devenu un vieux con, mais j'assume pas] Et vous le conseille, si vous arrivez à mettre la main sur les quelques rares disques de sa carrière francophone.

3 commentaires :
mon frère écoutait beaucoup reinhardt mey
2003/01/29 01:42
tu l'as acheté ?
2003/01/29 15:27
quasiment : j'ai fait une demande de financement.
2003/01/29 16:39
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